
Avez-vous entendu parler du "bimbi" ? C'est le nom qui dans la langue mabi désigne les percussions aquatiques. Dans ce peuple côtier qui vit non seulement au bord de la mer mais aussi le long des grands fleuves Lokoundjé, Kienké et Lobé, c'est un trait culturel, une activité ludique séculaire. Après avoir travaillé une partie de la journée, les femmes et les enfants qui allaient prendre leurs bains collectifs en fin d’après-midis, s’adonnaient joyeusement et en toute convivialité au « bimbi » dans les nombreux cours d'eau qui traversent le pays Mabi.

Pendant des siècles, des générations successives ont grandi avec cette activité qui rythmait la vie dans les villages de par son apport à la cohésion sociale. Mais progressivement, avec la modernisation et l'urbanisation, les baignades à la rivière ont cessé car l’eau courante et les douches internes s’étaient généralisées. Ces dernières années, le « Bimbi » n’était plus qu’un souvenir. Afin que ce trait de civilisation ne disparaisse pas définitivement, le festival Nguma Mabi en collaboration avec Socapalm-Kienké et la King Mayessè Foundation l'a ressuscité. Pendant 2 mois, sous la conduite de Géraldine Zongo et Sylvain Mboum, ils ont coordonné les répétitions de 12 jeunes femmes qui, réparties en 2 équipes de 6 ont, le 13 décembre 2025, offert dans le fleuve Lobé, un spectacle magistral fait de percussions, de chorégraphie et de chant. Le public qui a pris d'assaut les berges et le pont sur la Lobé a vécu un moment inoubliable. De l'avis de tous, le Bimbi est assurément de retour chez les Mabi.