Les MABI en bref

C'est l'ethnie bantoue autochtone et la plus implantée de la zone qui va du fleuve Lokoundjé au nord jusqu'au fleuve Ntem au sud du Cameroun. Plus précisément, on les retrouve sur cette bande côtière de 120 kilomètres, au cœur de la ville de Kribi, le long des quatre axes (Edéa, Lolodorf, Ebolowa et Campo) qui convergent vers Kribi, dans toute la forêt environnante et le long des fleuves Kienké, Lokoundjé et Lobé.

D'où viennent-ils

L'histoire révèle une migration s’inscrivant dans le vaste mouvement qui a permis aux Bantous de coloniser la moitié de l’Afrique. Issu d’un groupe parti du Haut-Nil avec à sa tête un certain Nkouè, fils de Ka’a, il pérégrina longtemps à travers la savane puis la forêt, vivant de la chasse à l’éléphant et du commerce de l’ivoire. Les descendants de Nkouè s’installent des siècles après dans le sud du plateau de l’Adamaoua : c’était le peuple Mpfang Mèkina. Au milieu du XVIe siècle, ils migrent en masse vers le sud, conduits par le roi Nguiamba ma Nkumburi sous la poussée guerrière du complexe linguistique Baya-Kaka-Yanguéré. Pour traverser le fleuve Nyong, ils construisent un pont de liane (nkwoli nluong) Mais il est rompu par le poids du trafic d’un peuple en mouvement et ce dernier est divisé en deux. Ceux qui restèrent au nord du Nyong sont aujourd’hui une multitude de groupes tribaux regroupés sous le vocable Koozimè. Ceux qui traversèrent le fleuve Nyong sont aujourd’hui les Shiwa du Gabon, les Bisio de Guinée Équatoriale et au Cameroun, les Ngumba et les Mabi. Ces derniers atteignent la mer en 1568 environ sous la direction du roi Bigio Nguiamba. Ils s’installent là où, plus tard, ils allaient combattre les razzias négrières et les colonisateurs européens. Ils y sont toujours quand les Allemands conquièrent Kribi le 15 octobre 1887 sous le règne du roi Djiè-Djiè.