Selon les anciens, l’esprit meurtri du peuple Mabi réside en ce lieu. Pour comprendre la relation entre l’esprit et le lieu, il convient de développer les notions qui s’y rattachent : le patrimoine immatériel, matériel et leur symbiose.
L’on s’est souvent demandé : « si les objets d’art pillés sont immédiatement restitués par les pays détenteurs, comment allons-nous les accueillir et les conserver et les préservés ? »
En effet, ces biens ayant des charges spirituelles ont été arrachés pour certains depuis cent trente ans, après que leurs propriétaires et leurs enfants aient été tués et leurs villages rasés. Le socle religieux sur lequel reposait la production et l’utilisation de ces objets a été démantelé et ils sont devenus un peu rares aujourd’hui, les dignitaires capables de leur redonner leur rôle d’antan. Pendant des années, ils n’ont servis en occident que comme pièces de musées.
Pour les Chefs Mabi, la majorité de ces objets restitués devraient continuer à être utilisés ainsi car ils ne sont devenus majoritairement que le témoignage d’un passé civilisationnel. Comme les autres l’ont fait en utilisant les objets des Mabi, ces derniers veulent faire pareil en imaginant un grand projet de coopération culturelle qui réunirait quatre groupes :
Il est question de mettre ensemble ces différentes entités pour construire et mettre en service des infrastructures d’accueil des objets restitués. En clair, pour les Mabi, il n’est pas du tout question qu’après des années d’exploitation des objets dont la privation a détruit un système religieux et toute une civilisation, de les voir restitués en l’état. En guise de réparation du préjudice subis, l’on doit participer à des projets mémoriels d’envergure.
Ils souhaitent que sur les 60.000 hectares pris de leurs terres et octroyés en bail emphytéotique à la SOCAPALM, que l’Etat du Cameroun leur restitue 50 hectares autour du tombeau du King Mayesse afin d’y ériger un complexe dénommé « KING MAYESSE MEMORIAL » et comprenant :